Racisme... Vous avez dit racisme ? Suite.
DEVELOPPEMENT GENERAL
- Tu mélanges tout, lamentable zeitnot, je t'ai connu plus rigoureux, tu évoques le racisme mais tu le confonds avec la xénophobie pour ne citer qu'un exemple...Quant à ton débordement vers des notions sociologiques, je le trouve excessif.
- Soit, je suis allé un peu vite mais j'avais l'intention de développer...
Les chercheurs qui ont étudié le racisme, et peut-être faudrait-il dire les racismes, s'accordent sur deux causes simples : peur et intérêt. Les humains que nous sommes ont connu des peurs ancestrales et nombreuses. Peur des éléments, peur des prédateurs, peur des autres tribus qui pouvaient attaquer, chasser d'un territoire, anéantir la descendance. Peur de l'autre identifié comme une menace, une menace de mort. In fine peur d'être proie. Mais le territoire du voisin avec ses abris, ses réserves, ses ressources matérielles et humaines était aussi objet de convoitise. Dans la nuit des temps, nous fûmes tour à tour chasseurs et chassés, agresseurs et agressés, proies et prédateurs, puis, ce que nous appelons la civilisation se développa. Cités, nations, frontières, échanges, traités, ce qui n'excluait pas les conflits, régulèrent un peu nos relations aux autres. Et puis les caravelles de Colomb... Des contrées à explorer, de l'or et des gemmes, des ressources vivrières, le Nouveau Monde. La très catholique monarchie espagnole, mue par l'avidité, Tartuffe avant l'heure, théorisa le racisme en le drapant dans les oripeaux de la "mission civilisatrice". L'Europe s'en trouva fort bien, et l'esclavage connut ses belles heures et son midi au XVIIème siècle. Les humains d'un côté, les "sous êtres" de l'autre, c'est le racisme biologique, que Montesquieu pourfendit.
Les années passèrent dans une sorte d'infect statu quo. L'élargissement des connaissances et le scientisme furent mis à contribution afin de légitimer les thèses racistes. On s'inspira des travaux de Buffon, Linné, Darwin... Et, l'européen du XIXème siècle avait la conviction que lui, le blanc, était d'une essence supérieure. Les atterrantes démonstrations anatomiques de Gobineau fascineront bien des esprits fragiles, mais pas seulement... Le très chrétien Renan boira de ce sinistre breuvage en compagnie du très savant Broca. Et toujours au nom de l'intérêt, l'antisémitisme fut à son tour théorisé, merci à Galton, H.S Chamberlain, sans oublier les dérives d'Alexis Carrel.
Esclavage, colonisation, ségrégation, lynchages, ratonnades, apartheid, pogroms, déportations, exterminations. Ce sont les conséquences du racisme. En Europe et aux Etats-Unis.
LA FRANCE
Nation coloniale, nation gangrenée par les ignominies des ligues fascisantes de l'entre deux guerres, nation ayant écouté les vociférations des Maurras, Daudet, Drumond, Doriot, Laval, Darnand, Bardèche et autres chantres de la collaboration. Nation acculée à la décolonisation. Nation qui s'offrit une resucée bonapartiste, nation marquée par une droite radicale, celle de Thiers, nation qui mit au creuset de ses exaspérations les vielles rengaines racistes, les frustrations liées à la perte de l'empire et les orphelins de la monarchie. Tout cela nous donna, dix années après la guerre... Jeune Nation, Occident, la flambée poujadiste, le PFN, le FN, je m'en tiens aux principaux. A cette nébuleuse, une frange de l'église s'acoquina sous la banderole "intégriste". Racisme, révisionnisme, populisme, quelle infecte tambouille. Charles Pasqua, ex Gaulliste, c'est singulier, lorgna vers le Front National dont bien des cadres avaient appartenu à l'OAS, et dont, nombre d'inspirateurs étaient héritiers idéologiques de la collaboration. Bien des proches conseillers ou collaborateurs du Président de la république sont issus d'Occident : X.Raufer, G.Longuet, A. Madelin, P. Devedjian, sans oublier le trouble manipulateur d'opinion, ce bon P.Buisson qui dirigea le torchon Minute. Alors, comment s'étonner de la résurgence du racisme ? Ce n'est pas un hasard si le mot racaille fut employé. Le non blanc est toujours considéré par un bon cinquième du pays, comme une populace méprisable et le rebut de la société.
La droite raciste a toujours pratiqué l'amalgame. Ceux qui s'insurgent contre ses idées ne sont, à ses yeux, que les complices de ceux qu'elle veut laminer ou éliminer. Ainsi haine et racisme ne se limitent plus à la couleur de la peau, à l'origine géographique. Les convictions opposées deviennent l'objet de toutes les insultes, des accusations les plus abjectes, des raccourcis les plus honteux. Vous contestez les contrôles au faciès ? Vous êtes complices de la racaille ! Vous dénoncez les discriminations à l'embauche ? Vous êtes complices de la racaille ! Vous êtes compatissants aux dénuements, aux détresses, aux misères ? Vous êtes complices de la racaille ! Vous êtes attachés à une cohésion sociale, à la protection des faibles ? Vous êtes complices de la racaille ! Encouragés par leur Président et ses séides, les hurleurs vous costument : intellectuels décadents, forcément valets du communisme, ou de ce qu'il en reste, salauds de bobos, et l'on n'ose pas tout dire.
Je n'invente rien, j'ai lu tout cela sur certains blogs, articles et commentaires de la même lie. J'ai le sentiment qu'Internet a dynamisé ces éructations, et que, ce que l'on n'oserait pas dire en un lieu public est ici abjectement beuglé. Radicalisation des petits blancs, angoissés par les secousses économiques, en quête de boucs émissaires, mais tellement sûrs d'être au-dessus. L'indigence des propos, le débraillé de l'écriture et la dysorthographie de ces tribuns peut amener à douter de leur intellect, et lire ces preux nationalistes infoutus de maîtriser les rudiments de leur langue natale... Je pouffe ! Correspondre avec eux, essayer de les tempérer ? Je l'ai un peu fait, et c'est un piège. C'est apporter à leurs ignobles thèses une sorte de caution car ils ne reculent jamais avec toujours une nouvelle ordure aux lèvres. Racisme, dans toutes ses formes, haine forcenée ne se discutent pas, ne se négocient pas. Qu'ils croupissent dans leur soue.