UN MONDE PARFAIT – 4

Publié le par ZEITNOT

 

 

début en UN MONDE PARFAIT - 1

 

L’oncle but, s’éclaircit la voix, répéta le manège avec le feu et la fumée puis regarda les gradins inférieurs dont les occupants paraissaient médusés. Les utiles, secondant le Superviseur de régie, virent apparaître sur les mesureurs de convergences comportementales reliés à leur pareils, la rarissime icône avertissant que les moteurs d’inférence patinaient, or, ni le volume, ni la diversité des transmissions n’étaient à l’origine des difficultés que le système expert rencontrait. Dépourvus d’explications, les opérateurs devaient en déduire que, pour une fois, la base de connaissances ne fournissait pas suffisamment de données. L’équipe suivant les prem’s constata la même chose. L’oncle reprit son exposé.

 

... Jusqu’à ce que, dans un atelier de maintenance d’androïdes, l’inenvisageable, l’inconcevable se produisit. Des robots y avaient rapporté, je garantis mes souvenirs, un ADA-F qui au cours de son service dans la plus huppée des bases nautiques lunaire, était tombé en panne. Immédiatement un énorme ramdam avait retenti sur le forum, la moitié de la population prem’s s’était indignée, les plus indulgents avaient réclamé la rétrogradation du Directeur, les plus sévères et les plus nombreux voulaient sa suppression.

Dès la réintégration de l’ADA-F par les robots de transfert, le poste de diagnostic primaire indiqua : objet non reconnu. Effarés, les utiles de service crurent au dysfonctionnement du poste, aussi le soumirent-ils à tous les tests dont ils disposaient… Rien !  

 

Les mesureurs de convergences cafouillaient, le système expert avait des vapeurs, une alerte fut automatiquement émise vers les serveurs de la gestion, tandis que le Superviseur de la conférence envisageait d’inhiber quelques secondes le moulin, mais avant toute intervention il lui fallait recevoir un discours de substitution. L’une des deux pierres angulaires de ce monde étant la fiabilité des matériels.  

Devinant l’émoi de l’assistance, l’oncle resta silencieux quelques secondes et, plus bas, avec de subtiles nuances dans la voix, il continua…

 

Excellents dans leur technicité, les utiles nous le savons tous, ne peuvent sortir du cadre défini par leur formation et les logiciels validant leurs expériences, ce ne sont pas des imaginatifs, par conséquent ceux-là se trouvaient confrontés un problème insoluble. La tension montait derrière les vitres de la salle surplombant les ateliers et les laboratoires. C’est un défaut de procédure qui débloqua la situation : n’ayant pas accompli sa tâche, le poste n’avait pas requis de robot d’extraction, quatre utiles décidèrent de le libérer en attendant de faire mettre l’androïde au rebut, car, pour cette catégorie de machines essentiellement décoratives et ludiques on ne perdait pas de temps. En empoignant l’ ADA-F, ils s'aperçurent qu’ils avaient affaire à de la matière vivante, poids, température et consistance le prouvaient. De la matière vivante comme eux ! Mais pourquoi cette apparence d’ADA-F ? Quel utile, quel prem’s aurait voulu ressembler à une machine ? Y parvenir était-il seulement possible ? Enfin, qui, quelle équipe nécessairement très experte et disposant d’énormes moyens aurait pu réaliser une aussi démentielle action ? Rapidement ils s’assurèrent que la chose, pouvait-on la qualifier autrement, ne contenait aucun nano indicateur de classe. Rien. On se doute de leur sidération. À l'issue  d'un débat fiévreux, ils se résolurent à orienter la chose vers un département biomédical. Il apparut immédiatement aux praticiens que la chose était bien vivante, tout bonnement profondément assoupie. Après une série d’examens et la consultation d’archives, ils durent se rendre à l’évidence, l’être avait toutes les caractéristiques des stagnants, c’était un stagnant. Le compte-rendu remis à la gestion faisait état d’éléments aussi alarmants qu’incroyables : entre trente et trente cinq ans, en excellente santé, pas les moindres séquelles d’affection ou d’accidents, hygiène irréprochable, denture impeccable, il n’en fallait guère plus pour déjà creuser des gouffres de perplexité. Les gouffres devinrentt abîmes… Conformément à son apparence d’androïde de démonstration aquatique femelle, le stagnant était une femelle ! Une femelle ! Une femelle apte à se reproduire, une femelle qui avait peut-être eu des rapports sexuels. Dans un monde où, en dehors de cent mille utiles dédiées à l’accueil et jalousement surveillées, la totalité de la population était asexuée, c’était une terrifiante déflagration. Quelque part, des êtres vivaient et se reproduisaient, mettant en danger le socle. Les stagnants avaient survécu, leur évolution leur permettait de pénétrer la fédération et de s’y mouvoir.

 

Lorsque le moulin acheva sa traduction, paradoxalement le système expert sombra parce que sa base de connaissance était à sec.


À suivre éventuellement.    

GUNDULA JANOWITZ…

HAYDN http://www.youtube.com/watch?v=ZVRG7DSqyns

SCHUBERT http://www.youtube.com/watch?v=sySxobrVv3c

Brahms http://www.youtube.com/watch?v=vKhXkSYmF3Q

Strauss http://www.youtube.com/watch?v=TuSJJ4lHIQM

 

 

 

 

Et toujours.

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Renard 23/03/2010 01:50


Je me régale.....


fomahault 22/03/2010 16:14


le pouvoir aux Stagnants !


BMB 21/03/2010 20:49


Eux aussi vont croire que la femme est l'avenir... mais l'avenir de quoi au juste ?