LE POUVOIR DU CRACHAT

Publié le par ZEITNOT

On nous avait dit que la campagne 2012 serait dure, impitoyable et que tous les moyens, on n’avait pas oser les qualifier de sordides, seraient utilisés. À ce propos quelle aberration pousse les commentateurs à parler de campagne, n’a-t-elle pas commencé depuis fort longtemps ? Le Président, et ses thuriféraires le susurrent avec délectation, fut et sera un formidable candidat. Les discours à Latran, à Dakar, à Grenoble ; le débat sur l’identité nationale avec ses cagibis empuantis de xénophobie et de racisme ; les rodomontades sécuritaires ; ce fatras de lois mal conçues et inapplicables ; cette manie putride poussant le Président à s’approprier chaque fait divers, chaque mort, chaque drame et à s’en repaître comme un charognard ; à l’envi aussi, les insultes contre les intellectuels, les universitaires et les fonctionnaires ; l’hallali sonné contre les assistés ; l’achat de 250 000 voix par la modification de l’ISF au profit des nantis ; les propos souvent abjects de la meute des, Lefebvre, Jacob, Copé, Morano, Ciotti, etc. Quatre années de campagne Messieurs les observateurs. Quatre années. 

 

Et maintenant, le chaudron infâme.

Dominique Strauss Kahn éliminé, il faut aller plus loin et discréditer tous ceux qui pourraient incarner une opposition raisonnable, tous les poisons font l’affaire, Madame Mansouret et sa fille apportent une toxicité mortelle.

On l’a rapporté mezza voce, mais c’était presque une fois de trop, Madame Mansouret, femme d’affaire avisée n’a jamais caché avoir rejoint le PS par opportunisme. L’arrivisme corrompt tout, sacrifie tout, instrumentalise tout. Ainsi la mère, aujourd’hui justicière et vengeresse, qui indique avoir eu avec Dominique Strauss Kahn une relation consentie, mais à la hussarde, en 2000, n’a pas hésité à lui dépêcher sa fille, journaliste débutante qui sans les appuis maternels n’aurait certainement pas pu approcher les « grands » qu’elle voulait confesser. On est en droit de penser que sans le carnet d’adresse de maman, sans la fréquentation de la faune germanopratine, la jeune femme n’aurait pas été reçue, pas publiée, passant et c’est le rêve de beaucoup, de l’état trop banal pour son goût de journaliste… à celui d’écrivaine. Combien avec ce titre les échotiers ont cajolé la victime présumée, lui conférant ainsi une dimension romantique. De ses deux romans autobiographiques, la presse rendit chichement compte, quelques critiques observèrent qu’elle appartenait à cette génération, filles et garçons confondus, dont le physique, le cynisme, le culot et l’égocentrisme visent à  combler une écriture aussi maladroite que désertique. Il y a peu nous en étions là. Le Président du FMI ne suffisant pas, les officines, les combinards, ont choisi une autre cible, François Hollande. Que va-t-on faire de cette implication ? Une sombre cuisine sans doute…

 

Cela peut sembler bizarre, mais c’est à la plaignante que je pense. Le vingt heures l’a reçue, on la filme sans cesse flanquée de son avocat, un teigneux celui-là. Elle, toujours le cellulaire à la main, toujours vêtue de manière simple mais avec cette légèreté suggestive visant à faire fantasmer le gogo, on l’interviewe, on lui sculpte une légende… Recluse, miséreuse, exilée de ce monde qu’elle hantait en allumant ceux qui pourraient servir ses ambitions inversement proportionnelles à son talent, la voici maintenant éprise de justice et de pureté, révoltée, damnée de la terre. On murmure qu’un livre pourrait sortir de tout cela, et quoi d’autre encore ? On peut envisager que la jeune femme, tant qu’elle sera utile, jouira enfin de la notoriété et des bénéfices dont sa personnalité si banale et si falote l’avaient privée. Comment finira-t-elle, au rancart comme Madame Deviers-Joncourt jouant de temps à autre les utilités et faisant pouffer le plateau ? Comme la pathétique Loanna ? Ou bien, s’appuyant sur des bases extrêmement troubles, participant de bon cœur à la curée, parviendra-t-elle à conserver la dynamique de son action ? Qu’importe, victorieuse ou défaite, elle sortira de ce douteux combat encore plus souillée que par l’agression qu’elle prétend avoir subi. Ainsi vont les choses, et cette fameuse campagne pervertira tout. On nous avait promis le changement, nous l’avons, le pouvoir d’achat est remplacé par le pouvoir du crachat.

 

 

 

Consolation

A.VIVALDI

OrLANDO FURIOSO par la fantastique Marilyn Horne

http://youtu.be/DRGA74Y9WsM

 

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Publié dans IDEES

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BMB 26/07/2011 16:23



Dame ! les médias ne vont pas manque de rendre l'injustice comme cela ce passe aux USA.


Au fait pourquoi la supposé victime a t elle attendu si longtemps , et pourqoi une anné pré-électorale ? Vise t elle une place au figaro ou sur TF1 ?



Tanya 25/07/2011 12:38



C'est un article très juste et plein d'humanité moi aussi je trouve terrible que cette personne soit utilisée à des fins politiques.



lilou-52 23/07/2011 14:43



Bonjour, je viens de chez Axel et je suis d'accord avec cet article même si je ne connais pas tout et que je n'ai pas le temps de toujours suivre l'actualité. Ce qui me gêne le plus dans cet
histoire ce sont toujours les suspiscions qu'il y a autour des victimes. Cela me gêne parce que je sais que la parole d'une femme ne vaut pratiquement rien. Tant qu'il n'y a pas de séquelles
physiques, rien n'est prouvable. Je le sais, c'est tout ! Cette affaire commence à me hérisser de plus en plus et cela sent vraiment les chiottes comme le dit Axel. Je voulais juste écrire mon
sentiment et comme les blogs permettent de le faire, j'en profite. Bon week-end à toi !



ZEITNOT 26/07/2011 18:30



Merci de ce commentaire, j’avais beaucoup hésité avant d’écrire cet article tant le sujet est complexe à traiter, tant il
fait référence à de nombreux et terribles drames. Pour ce crime, et le viol ou la tentative de viol en est un, je déplore comme vous que les victimes, femmes ou hommes, surtout lorsqu’ils portent
plainte longtemps après les faits, soient très souvent suspectés de mensonge. Il y a même pire puisque si une victime se présente peu de temps après une agression mais ne porte pas de marques de
coups, son témoignage est fragilisé, comme si la peur de se faire faire démolir ou tuer ne suffisait pas à expliquer une « passivité » vite et odieusement interprétée comme un indice de
consentement. Pour le reste, et tant que l’affaire ne sera pas instruite et jugée, ce qui ne signifie pas que justice sera rendue, je m’en suis tenu à deux éléments : d’une part une
l’exploitation indigne de déclarations non vérifiées visant à déconsidérer des gens qui ne semblent pas avoir un grand rôle dans cette affaire, d’autre part les effets destructeurs de cette
exploitation sur l’intéressée elle-même.


Le montage photographique que le Figaro a mis en une relève de la plus basse manipulation, quand on sait que bien des
journalistes de ce quotidien tentent vainement de s’opposer à sa dérive propagandiste on les comprend.


Je n'ai pu établir le lien, si vous en avez le temps dans la catégorie Nouvelles, jetez un oeil à Colonie de
vacances.



Laurence_philo 22/07/2011 20:47



Je viens de voir le commentaire écoeurant d'écoeuré. Ce personnage minable grâce à Google sait ce que vous avez écrit mais ne vous a certainement pas lu, aurait-il été capable d'être ému par ce
beau livre, en aurait-il apprécié le style splendide que les meilleurs critiques ont tant apprécié ? Il ya cinq ans j'avais proposé à mes élèves de commenter cette phrase de Roland Barthes : la
laideur est parfois acceptée alors que la beauté inspire presque toujours la haine ou l'envie, ce qui revient au même.



Laurence_philo 22/07/2011 20:36



Très bel article, vous exécutez en peu de lignes celui qui pour notre malheur nous gouverne mais aussi, et c'est à cela que j'ai été la plus sensible, vous donnez réflexion profonde et
humaine sur le cas de cette jeune femme qui est devenue un instrument.