LAMENTO POUR MADAME CARLA BRUNI SARKOZY

Publié le par ZEITNOT

 

Dans une élégante gazette, Madame, vous avez exprimé votre tristesse.  Tristesse colorée d'amertume, amertume elle-même assombrie d'indignation. Comme je vous comprends… Quoi ? La vile gent scribouilleuse pond force billets comminatoires ! Les pourceaux de la parlotte raillent ! Quelques médiocres histrions mal embouchés braillent mille vilénies, que d'horreurs et d'injustices !

 

Sans vergogne, ces faquins et ces ingrats lacèrent, pourfendent, vilipendent, honnissent un homme que vous idolâtrez, un homme que vous chérissez, un homme dont vous admirez la distinction raffinée, l'encyclopédique savoir, un homme dont vous goûtez l'inclination aux arts, la douceur et la délicatesse, un homme dont l'éloquence lyrique vous a tant émerveillée. Bref, un aède qui vous subjugue encore. Qu'en est-il de ces temps heureux, où, de matines à laudes, de laudes à nones, de nones à vêpres, de vêpres à complies, un hymne glorieux, tel un divin élixir, enivrait vos sens et votre âme. Que sont devenues ces heures lumineuses où, entassés sur la plate-forme d'une bétaillère, photographes et caméramans captaient pour le commun, votre chouchou caracolant en Camargue ? Que sont devenus ces matins resplendissants, où, dans les frimas industriels et devant des ouvriers licenciés, le disciple de Rimbaud évoquait avec le tact qui le caractérise… Son voyage de noces ! Qu'en est-il de cette dévotion dont vous fûtes les si nobles idoles.  Où sont les révérences, les complaisances, les flagorneries et les adulations, que bien des plumes affidées vous prodiguèrent ? Passe encore… Le troupeau médiatique est inconstant, sa versatilité est bien connue, et il serait fastidieux de rappeler ses foucades, ses aveuglements, ses grotesques enthousiasmes et ses consternantes palinodies.

 

Mais, autour du sérail, la valetaille parlementaire, les ex vizirs joignent leurs quolibets à ceux des libellistes pernicieux. Où, naguère, ces poltrons voyaient virtuosité stratégique, habileté suprême, grandiose volonté, ces charognards semblent découvrir incohérences, nervosités, caprices puérils et impuissance. J'imagine, Madame, tout ce que ce dernier terme peut avoir de blessant et d'infâmant pour vous, vous, qui du périnée de notre grand homme nous avez élégamment confié avoir pris grand soin. Funeste amnésie.

 

Heureusement qu'il vous reste quelques thuriféraires pour vanter votre élégance, votre lumineuse intelligence et quelques laquais pour recueillir vos sublimes propos dont, seul un esprit vulgaire, oserait penser que des communicants grassement rétribués vous les ont soufflés. Heureusement qu'il reste des salons cossus, luxueusement décorés, emplis de mobiliers rares et chers pour que vous y posiez votre princier fondement, pour que vous puissiez nous entretenir de vos états d'âme et exprimer la juste révolte que vous inspire le déluge d'avanies dont votre petit chouchou est la victime. Vous êtes si authentique et si talentueuse, Madame, que j'en suis bouleversé.

 

Oui Madame… Le monde est dur, votre séraphique époux le sait, lui qui traita N. Domenach d'enculé, lui qui répéta souvent : les journalistes sont de la merde et il faut les écraser ! Lui dont le vocabulaire ordurier torgnole ministres et collaborateurs, lui dont les fanfaronnades sont d'une affligeante vulgarité. Puisque la férocité des critiques adressées à votre époux vous chagrine, je prends la liberté d'un conseil : invitez la petite majesté à davantage de politesse, ne dit-on pas dans notre vieux pays qu'il faut savoir prêcher par l'exemple ?

Je crains fort, Madame, que considérant tout ce qui est autre que lui comme de la fiente, votre époux ait piétiné notre pays du mauvais pied, celui qui ne porte pas bonheur. Espérez, Madame, que les derniers évènements, qu'il me semble cruel de rappeler, ne tariront pas votre si précieux filet de voix, car, ce don magnifique exalté par votre immarcescible grâce fait encore avaler à certains vos scandaleuses niaiseries. Pour le reste, je gage que Chanel, Dior, Hermès, Chaumet et quelques autres fournisseurs sauront panser vos égratignures tandis que la plèbe contemplera l'obscurcissement de son avenir.

 

 

 

BERLIOZ

Carnaval romain, ouverture.

http://www.youtube.com/watch?v=nNf_-IDzwBk

 

 

N'oubliez pas…  

images-7--copie-1.jpg 

 

http://dons.fondationdefrance.org/netful-presentation-association/site/fdf/default/fr/donations/index.html

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Renard 16/04/2010 20:00


Et paf... Rien à redire, dommage qu'il y ait peu de chances qu'elle lise ce billet..

C'est vrai que par exemple, personne je pense ne l'a obligée à dire que si elle s'était acoquinée avec lui, c'est parce qu'elle ne s'était jamais offert un homme ayant le pouvoir d'appuyer sur le
bouton nucléaire, et ça, c'est la bourde irrémédiable.


Nuances 10/04/2010 22:24


Un texte ciselé ... qui suscite tour à tour, sourire et grincement !


tanya 07/04/2010 18:17


C'est très juste et très drôle car se plaindre de la presse quand elle a été tellement soutenue,je trouve que c'est complètement irréaliste. Mais elle et son mari n'acceptent la presse que si elle
leur fait des compliments. Je crois qu'ils sont très malades.


anto 07/04/2010 13:26


Qu'en termes élégants ces choses là sont dites ....mais elles n'en sont pas moins le triste et bien réel reflet d'une affligeante bassesse de vue de ceux qui sont au sommet de l'état .L'épisode en
cours sur les "déboires conjugaux " était prévu pour faire remonter la cote du monarque !!!Je me demande parfois si ces gens la ont tout leur entendement ,car ces viles manoeuvres ne peuvent
s'adresser qu'à des gens sans réflexion ou alors de mauvaise foi ...


BMB 07/04/2010 09:35


Vilipender est ce que, par hazard, ça ne viendrai pas de Villepin ? je sais on devrais dire villipendre (à un coc de boucher)...

C'est tout de même triste que la donzelle ne soit pas capable de comprendre à qui elle a affaire (je sais ce n'est pas comme ça que ça s'écrit)elle a pourtant une certaine expérience de l'homme...