BOBARDS ET ENFUMAGES d’EXPERTS- UN

Publié le par ZEITNOT

 

Généralités.

Que de commentaires à propos du jugement rendu dans l’affaire Société Générale contre Yves Kerviel. La personnalité du trader, ses motivations, la peine prononcée, les dommages et intérêts accordés à la banque, les responsabilités de l’encadrement, les « instruments utilisés » et, tout de même, on allait presque l’oublier : un coût pour tous.  Cinq milliards d’euros, ça se connaît comme on dit par chez moi.

 

Radio, télévision et presse convoquent des experts qui nous servent inlassablement une antienne… On nous parle de mathématiciens géniaux et sulfureux, souvent des polytechniciens, on nous montre des visages scrutant des écrans où défilent tableaux et diagrammes tandis que les magiciens pianotent sur leurs claviers et jaspinent dans leurs téléphones, j’ai usé du pluriel car ces braves gens sont généreusement équipés. Et, finalement, rien n’est expliqué.

N’étant ni psychologue, ni juriste, ignorant la structure du pouvoir dans la banque, je vais malgré tout essayer d’apporter quelques éclaircissements à propos d’un domaine que je connais un peu.

 

Après deux années de Prépa, le polytechnicien suit un cursus de quatre années. On semble oublier que polytechnique signifie plusieurs techniques, ainsi l’X reçoit un enseignement pluridisciplinaire. Formation humaine et militaire, stages de contact humain anciennement stage ouvrier – à une époque la conduite du métro en faisait partie – modules divers allant de l’économie à la biologie en passant par  la chimie, la physique, la mécanique, l’informatique, les fameuses mathématiques et les langues. La formation vise à satisfaire cette belle et noble ambition : avoir des lumières de tout. Il n’est point besoin de sortir de pyrotechnique pour se consumer de doute et jeter au feu les balivernes que l’on nous bégaye à propos de fantastiques et incompréhensibles systèmes conçus par ces diables de mathématiciens polytechniciens.

 

Instruments utilisés.

Que les traders soient pourvus de systèmes experts nul n’en doute, c’est donc cet objet dont tout le monde parle que je vais évoquer. D’abord, la pertinence et les performances de tels systèmes reposent sur leurs éléments constitutifs : base de connaissances référençant faits et règles, moteur d’inférences, interface de communication pour les utilisateurs.  Le fonctionnement de ce type d’outil présente une analogie avec la manière dont un humain travaille, c’est pour cela que l’on parle aussi d’intelligence artificielle.

 

Admettons que nous voulions réaliser un système expert que nous allons baptiser CUISTOT. Il sera nécessaire que notre petite merveille dispose d’une vaste base de connaissances, à savoir les caractéristiques des aliments, leur mode de consommation cuits ou crus, la façon de les préparer et de les associer. Pour fonctionner CUISTOT devra établir des liens de cohérence entre ces données et, à partir de cet ensemble valider les suggestions de recettes que nous lui soumettrons, voire nous proposer de nouvelles recettes, ce sera le travail de son moteur d’inférences. On se doute que si nous voulions concevoir CUISTOT-DIététo, le travail serait encore plus considérable tant au niveau de la base de connaissances que du moteur d’inférences…

 

- Pour la base de connaissances je vois bien, c’est le savoir qu’a un professionnel pilote de ligne ou artisan, assureur ou comptable… Mais ce foutu moteur d’inférences lamentable zeitnot, c’est quoi ce binz ?

 

- La matière grise en quelque sorte, car en plus du savoir il faut être capable de décider une action adéquate, de s’adapter. Le moteur d’inférences est constitué de procédures logiques et mathématiques aptes à simuler ou reproduire le raisonnement des spécialistes humains, il va de soi que les résultats générés devront être testés à la lumière de la base de connaissances et aussi par des expérimentations au cours desquelles grandeur et complexité augmenteront. Enfin, la satisfaction de ceux qui consommeront notre cuisine devra être intégrée, sans oublier les effets sur leur santé.

 

À partir des années soixante-dix, bien des systèmes experts ont été mis en œuvre. La médecine, la biologie, beaucoup d’industries, différents secteurs de recherche fondamentale en ont usé, et, depuis une quinzaine d’années, les banques…

 

À suivre éventuellement…

 

Revenons au trop méconnu   M.Glinka

Sonate en ré mineur

http://www.youtube.com/watch?v=oYa_y5V4nKM

http://www.youtube.com/watch?v=Ysa4EhHNX5M

images-7--copie-1.jpg

Publié dans IDEES

Commenter cet article

Axel21 10/10/2010 18:53


En fait, seul le résultat compte. En ce qui concerne le moteur CUISTOT, dont nous laisserons la variant DIETETO aux malades, le résultat se mesure en étoiles, de une à trois, qui viennent éclater
comme des bulles de champagne dans le ciel la nuit, d'où l'importance de la pyrotechnie dans cette affaire. Personnellement, je pencherais, comme carburant, pour du Chambolle-Musigny plutôt que du
Bardoin. Enfin, l'ennui avec le Bardoin, c'est qu'on y met aussi de l'eau...


BMB 09/10/2010 22:04


maintenant nous avons aussi des experts du système... leur moteur fonctionne tout bêtement au bon gros pognon et je ne te parle pas de leur base de déconnaissance


anto 09/10/2010 06:46


Vu ainsi ça parait simple (globalement ) ,mais comment peut on être sûrs que l'on a bien intégré toutes les données utiles et que les garde- fous sont assez performants pour faire face à toutes les
situations et au fameux grain de sable .
Et puis si l'intelligence artificielle ressemble à l'humaine il doit y avoir aussi des handicapés mentaux "artificiels "
salut et continue à nous faire de la banalisation c'est bien utile


Xavier Lainé 09/10/2010 04:16


La polytechnique n'est résolument pas pour moi. Et au vu des résultats brillants des moteurs d'inférence, je vous convie, cher Zeitnot, Palce de l'Hôtel de ville, pour siroter un Bardoin de ma
connaissance, bien plus réjouissant.


Fomahault 08/10/2010 19:34


et ça fait combien de canassons ton moteur ? ça consomme combien un moteur d'interférence ? ça a des cylindres en v ? Est-ce qu'il faut une clé à pipe pour le démonter ? (zut, je me
rachididatise...)


ZEITNOT 08/10/2010 19:56



Mon moteur d'inférences est monocylindre, cinq litres. Il ne fonctionne qu'au Bardoin sans additif, sa consommation et d'un hectolitre par heure, les spécialistes disent que sa puissance est
calculable mais non mesurable tant elle est faible. Je m'en fous, je tourne rondement.